Nancy : les notables reviennent ! (vidéos)

Nancy : les notables ont de nouveau envahi la ville (Place Stanislas ; E.Héré / Creative Commons)

Un mini Davos en Lorraine

Dans notre région, le contribuable rince les notables, et pas n’importe lesquels : Pierre Gattaz, Guillaume Sarkozy ou Hubert Védrine. De 2013 à 2015, le forum économique « Economic Ideas » (également nommé « Ecorévolutions ») créé par la Chambre de commerce et d’industrie de Meurthe-et-Moselle, a fait défiler des tartufes atlantistes de haut vol grâce au soutien non consenti des salariés, chômeurs et petits patrons soumis aux impôts. L’événement, dont le prix d’entrée s’élevait à 200 euros en 2014, a perçu la même année 55 000 euros du Grand Nancy, 40 000 euros de la généreuse Région Lorraine, et a coûté la coquette somme de 140 000 euros au contribuable l’année précédente. Objet de ce grand raout : permettre à une équipe de technocrates – élus du parti unique, représentants ou serviteurs affidés du MEDEF, journalistes de garde – de déguster des petits fours subventionnés à l’Opéra et à l’Hôtel de Ville tout en croassant le mot « croissance » à l’envi dans une odeur prégnante d’amidon et d’après rasage, afin de nous rebattre les oreilles avec leurs formidables idées, supposées apporter une solution aux problèmes qu’elles ont créées.

Cette année, le congrès était organisé pour la première fois par le sac à pub hebdomadaire Le Point mais la Ville de Nancy en était toujours partenaire et mettait « son » Hôtel de Ville et quelques agents à la disposition de la caste pour le traditionnel dîner de gala du forum économique (70 euros l’entrée). Au centre Prouvé, la fine fleur des notables était annoncée : François Fillon, l’éditocrate Franz-Olivier Giesbert et sa chevelure au vent, des entrepreneurs du désastre voulant créer des interfaces virtuelles entre les élus et le peuple (sans doute en guise de cordons sanitaires) ainsi que la « patronne des patrons tunisiens ».


Tendre la main aux autres pour les « écrabouiller »

Avec une veste de circonstance, on est allé profiter du petit déjeuner aérophagique des Ecorévolutions dans un hall du centre Prouvé, peint comme un sanatorium ou un FRAC, avant de suivre la cohorte d’encravatés en direction de l’auditorium 850. Sur le chemin, quelques affiches éditées par le Point décrivaient les sujets des conférences sur un ton vertueux : « Ceux qui ont réussi dans l’entreprise ont envie de tendre la main à tous ceux qui en sont exclus, parce que les économistes redécouvrent que nos décisions dépendent de celles des autres ». Résistant à la tentation de faire une génuflexion devant tant d’altérité suave, on entre dans la salle de conférence, convaincus que les éditocrates se sont subitement offert une conscience sociale et que les termes entraide et partenariat vont sans doute ponctuer tous les discours à venir.

Et puis la pantalonnade commence. En guise d’introduction à la conférence de Wided Bouchamoui (« patronne des patrons tunisiens », fille de l’industrie pétrolière et inévitablement prix Nobel de la paix) un journaliste d’envergure nationale annonce la couleur des Ecorévolutions :  « On va parler de quoi ? De comment réussir dans la vie. (…) On va voir comment on va faire pour écrabouiller les concurrents grâce à ce qu’on va apprendre ici ! », fanfaronne Etienne Gernelle, directeur de la publication du Point.

Vient ensuite son invitée tunisienne, qui nous fait part de sa science : « Pour satisfaire la demande importante de chômeurs, on a besoin de discuter de cette flexibilité d’emplois, entonne-t-elle. (…) Ça viendra, ça viendra ! Vous pouvez être certain que nous allons tenir un bon discours aux uns et aux autres pour dire que nous avons besoin d’être flexibles ». Avant d’ajouter que patrons et salariés doivent accepter à l’unanimité cette flexibilité au motif que « les ouvriers ne peuvent pas travailler s’il n’y a pas de patrons ». Oubliez l’autoentrepreneur, les SCOP et toutes les manufactures autogérées, organisations dans lesquelles le gérant ne jouit pas d’un quelconque pouvoir sur autrui en raison d’un organigramme ou du seul fait qu’il soit mandataire social ; ça n’existe pas !

Le « bon sens paysan » de François Fillon

Le soir du 10 mai, c’était au tour de François Fillon, premier ministre de Nicolas Sarkozy et actuel candidat à la présidence des Républicains, de nous livrer les clefs de la réussite. « Je salue le bon docteur Rossinot », dit-il chaleureusement, se lançant dans un discours calqué sur les exigences de la FNSEA :

« En Europe, il y a une certaine méfiance qui s’est instaurée autour du progrès scientifique, singulièrement dans notre pays, et je crois que c’est d’ailleurs la caractéristique de pays qui sont fragilisés par des défis nouveaux qui leur font peur et qui, du coup, on un espèce de réflexe de repli sur soi, et il incontestable qu’on a un progrès à faire pour retrouver le goût du progrès. (…) En France, il y a beaucoup de sujets sur lesquels les chercheurs ne peuvent pas travailler, soit parce qu’il y a des règles éthiques qui ont été mises en place, soit parce qu’il y a une pression de la société sur un certain nombre de points. Je pense évidemment aux questions de l’énergie, aux cellules souches aux nanotechnologies. Je sais pas pourquoi tout à coup il y a une peur des nanotechnologies véhiculée par des groupes politiques. Je pense aussi aux manipulations génétiques, à la question des OGM. Ce sont des sujets sur lesquels on a décidé d’interdire les recherches. Et moi, ma conviction, c’est que c’est un péché contre l’avenir. (…) Personne ne peut dire si dans 20 ans, 30 ans ou 50 ans, une partie de l’humanité de dépendra pas de ces recherches. La France et l’Europe ont des contraintes à lever et des tabous à faire sauter ». Tout cela avant de nous rappeler qu’il raisonne bien sûr « avec le bon sens du paysan sarthois »… Ouf, tout va bien !

Notre avenir à tous : être aussi hors-sol qu’un légume espagnol

« L’Allemand, c’est l’élévation du niveau de qualification, c’est aussi la meilleure capacité d’insertion professionnelle des jeunes du Grand Est sur le marché du travail allemand qui est quand même dans une dynamique un peu inverse à la notre. Donc voilà des projets positifs ! », expliquait le lendemain Mathieu Klein, Président du Conseil Départemental de Meurthe-et-Moselle, avant d’être interrompu par un citoyen (journaliste de l’excellent Nouveau Jour J) excédé par tant d’autocomplaisance.

On l’aura compris, si les technocrates qui ont mis la France à terre n’ont pas réussi à la faire redresser par leurs « administrés », ces derniers devraient faire fi de leur culture, de leur attachement à leur environnement ou à leurs proches et mener leur vie ailleurs comme ils font parfois leurs courses : à la recherche – souvent vaine – de la « meilleure offre ». Sans doute est-ce au nom de l’action sociale, dévolue aux conseils départementaux, que le président Klein enjoint les forces vives du Grand Est à suivre en haletant le marché du travail là où la « croissance » est pour le moment moins atone.

Avis aux jeunes chômeurs de l’Est : si vous ne trouvez pas de travail ou rencontrez des difficultés pour créer votre emploi, ne frappez pas à la porte du conseil départemental le plus proche de chez vous, filez donc en Allemagne, où les lois Hartz permettent la survie de la « croissance » grâce à la légalisation des faibles salaires (un euro de l’heure, c’est mieux que rien, n’est-ce pas ?). Et n’oubliez surtout pas d’avoir une pensée émue pour le socialiste Mathieu Klein, qui vous aura permis d’avoir comme lui des projets positifs !

Bientôt une séparation des élus et de la caste ?

Les pouvoirs publics ont privatisé les Ecorévolutions en 2016, suite à une manifestation contre leurs gabegies, et l’on peut s’en réjouir ; reste à souhaiter qu’ils s’en retirent enfin définitivement. Si les notables souhaitent chanter les louanges des OGM mortifères, de la concurrence agressive et du démontage du droit du travail, qu’ils le fassent sans nos « représentants », ou au moins hors d’un Hôtel de Ville, par souci de décence !

Texte et vidéos : A.R.

Epinal : le Front de Gauche fait une révolution d’opérette

Blocage folklorique aux abords de la Préfecture
Samedi dernier, une manifestation se tenait en plein milieu de la route et sous les fenêtres de la Préfecture des Vosges, contre la loi El Khomri, projet inique infligé au peuple au moyen du 49.3, suscitant l’indignation presque unanime des patrons et salariés. Réunis sous des drapeaux du PCF aux côtés de Jean-Claude Lacour, conseiller municipal à Épinal, des militants scandaient des mots d’ordre robespierriens tout en entravant le trafic automobile : « Guillotine ! » ou « Révolution ! ». Drôle de situation qui nous donnait l’impression d’avoir à choisir entre les réformes socialistes les plus violentes et la persécution des personnes allant travailler ou visiter les Imaginales.

La police assurait le bon déroulement du blocage, demandait même l’approbation des manifestants pour intervenir : « On ferme la rue et après vous avez la place. Comme ça c’est bien, d’accord ? ». On n’ose imaginer ce qui se produirait si une association de contribuables bloquait à son tour plusieurs centaines de véhicules pendant deux heures et demandait publiquement, aux abords de l’Hôtel de Ville ou de la Préfecture et en présence de la DGSI, à réhabiliter la Terreur pour raccourcir certains notables…

Le premier magistrat  de la ville a fait preuve d’une grande bienveillance à l’égard de ce sit-in sur la route, et on le comprend presque. Quel danger pour « l’ordre » politique représente un parti dont les élus locaux votent sans sourcilier depuis des lustres – à l’instar de tous les autres – l’immense majorité des délibérations municipales des « Républicains » et refusent obstinément d’évoquer certaines gabegies lors des séances publiques ?

Amis communistes, la révolution est à votre portée : légalement, au conseil municipal !

R.V.

L’Odeur du Sapin face à la Justice

Chers lecteurs,

Suite à la publication sur le blog d’information « l’Odeur du Sapin » de plusieurs articles (datés du 26 Décembre 2014 et du 15 Janvier 2015) évoquant certaines activités du député-maire Michel Heinrich (Républicains) et de l’un de ses collaborateurs, Olivier Jodion, directeur de l’agglomération d’Épinal et conseiller auprès de M. Heinrich, j’ai récemment été mis en examen par la Justice, aux côtés d’un juriste spécialisé dans le droit public intervenant sur le blog.

Le directeur de l’agglomération s’est constitué partie civile et nous réclame 3000 euros, estimant que nos propos portent atteinte à son honneur et que – je cite le réquisitoire définitif du Procureur de la République citant lui-même M. Jodion – « les intervenants de l’Odeur du Sapin ont pour seul objectif de déstabiliser le député-maire d’Épinal et son entourage, mais visent également sa vie privée ».

Pour avoir diffusé et commenté des informations contenues dans des documents publics et vérifiées, provenant de la Chambre régionale des comptes et du greffe du tribunal de commerce, le Procureur de la République demande aujourd’hui notre renvoi devant le tribunal correctionnel.

Afin de faire face à cette tentative d’ingérence dans la liberté de la presse, un comité verra le jour à Épinal, samedi 28 mai à 11 heures. Nous nous retrouverons en ville avec plusieurs lecteurs pour un remue-méninge et constituer un groupe de soutien. Si vous souhaitez y participer pour défendre la liberté d’expression, les médias alternatifs et le droit d’accès aux informations publiques, merci de prendre contact avec moi. Merci d’avance.

Alexandre Renahy, 06.41.66.45.61, odeurdusapin@gmail.com

Épinal : Oui aux cirques… sans animaux sauvages ! (vidéos)

Tigre en cage sur la place du petit Champs de Mars à Épinal

A Épinal, on peut emmener jusqu’à demain les enfants visiter la ménagerie du cirque Maximum pour contempler avec un plaisir coupable des animaux sauvages encagés rugissant de désespoir sur la place du petit Champs de Mars. A condition de s’abstenir de photographier, bien sûr : « Pas de photos, on va avoir des emmerdes ! » explique l’un des gardiens des animaux. Derrière lui, des bêtes bourrées de stéréotypies sillonnent leur cage à l’infini et rechignent à rejoindre la scène du chapiteau ; au même moment, le journal local du Crédit Mutuel nous présente sous un angle festif ce cirque d’une autre époque…

Une pétition vient d’être créée pour demander au député-maire Michel Heinrich de s’engager un peu contre la souffrance animale en interdisant dans la commune, par arrêté municipal, l’exploitation des bêtes sauvages par les cirques, à l’instar de la mairie de Thaon-les-Vosges. Elle a déjà récolté près de 1000 signatures en deux jours et devrait en recevoir bien d’autres.

Si vous n’êtes pas encore décidé à la signer ici, faites donc un petit tour des lieux grâce aux vidéos ci-après !

A.R.

Six Lorrains parmi les « sénatueurs » d’abeilles

« Sénatueurs » d’abeilles vosgiens à votre service

Le 12 Mai 2016, une majorité de sénateurs s’est opposée à l’interdiction totale des néonicotinoïdes, insecticides tueurs d’abeilles. Parmi ces « représentants » non élus au suffrage direct et hostiles à l’interdiction des substances les plus dangereuses pour l’environnement, on trouve six sénateurs de Lorraine, notamment Jackie Pierre, sénateur des Vosges que l’on pouvait apercevoir en février dernier déjeuner avec les lobbies des pesticides chimiques dans l’émission Cash Investigation.

Contacté au sujet de son étonnante apparition dans le reportage de France 2, le sénateur Pierre assumait ses bonnes bouffes en début d’année : « A Bruxelles comme dans une bonne partie du monde, les lobbys apportent, dans certains domaines (chimie, nucléaire, environnement, fiscalité…) une expertise que peu d’élus maîtrisent compte tenu de la technicité, de la complexité et de la multitude des sujets sur lesquels ils doivent pourtant légiférer dans des délais de plus en plus courts. Les nombreuses études, souvent onéreuses, fournies par les lobbys (industriel ou associations de défense de l’environnement, de consommateurs, de citoyens, etc…) contribuent à nourrir les analyses de nos parlementaires européens et ceux des pays membres ».

Le Sénat et le lobby – Serge Herbé
Nous publions ci-après la liste des « sénatueurs » d’abeilles lorrains et leurs coordonnées. N’hésitez pas à leur écrire ce que vous pensez de leur travail et de leur conception de l’intérêt général.

Vosges

– Daniel Gremillet (Les Républicains) : d.gremillet@senat.fr
– Jackie Pierre (Les Républicains) : j.pierre@senat.fr

Meurthe-et-Moselle

– Jean-François Husson (Les Républicains) : jf.husson@senat.fr
– Philippe Nachbar (Les Républicains) : philippe.nachbar@alsacechampagneardennelorraine.eu

Moselle

Philippe Leroy (Les Républicains) : p.leroy@senat.fr

Meuse

Gérard Longuet (Les Républicains) : contact@gerard-longuet.fr

A.R.

Petit guide de l’élu innovateur

Lancement de la Fête des images, organisée par la Ville d’Épinal
Petit guide en trois points à l’attention des élus de la République voulant transformer facilement leur commune en Ville innovante.

1) Appropriez-vous un événement

Si le renouvellement culturel de la Ville est au point mort et que vous manquez d’idées, identifiez un évènement populaire qui n’existe plus depuis quelques années. Par exemple la Fête des images, à Épinal, organisée de 1989 à 2012 par l’Imagerie. Reprenez pour le compte de la Ville le nom de l’événement et l’essentiel de son concept à l’insu de ses créateurs.

2) Glamourisez

 Ajoutez-y un spectacle son et lumière, un zeste de mondanités.

3) Faites table rase du passé

Annoncez aux journalistes et sur Facebook la création de la toute première édition de la Fête des images à Épinal. Le tour est joué ! Vous êtes un élu innovateur !

Robert Vautrin

Nuit debout d’Epinal : cours camarade, le vieux monde est devant toi !

Nuit debout à Epinal, le 22 Avril
On ne peut que se réjouir que des citoyens de gauche trahis par le parti socialiste et par le triste Mélanchon reprennent possession de l’espace public, rejettent les « élites » financières, médiatiques et politiques corrompues de notre démocrature à bout de souffle ; qu’ils désirent consommer moins pour vivre plus lentement, s’abreuvent enfin des discours du brillant Fréderic Lordon et rêvent de se passer de « représentants », du moins de réduire leur pouvoir inique.
Et pourtant, on ne parvient toujours pas à se forger une opinion au sujet de la Nuit Debout d’Epinal. A première vue, l’événement est formidable : les jeunes s’exercent à prendre la parole, les antinucléaires informent la population, des citoyens diffusent des livres intéressants et le journal Fakir, réprouvent la nécessité et la possibilité d’une croissance économique infinie, désacralisent le travail aliénant, soutiennent les lanceurs d’alerte. Mais la Nuit Debout c’est aussi une grande messe où l’on récite des poncifs avec une idéation proche du néant, où l’on peut surtout applaudir des propos contradictoires et s’émerveiller devant les représentants de la petite bourgeoisie dominante pour peu qu’ils prononcent deux ou trois termes dans l’air du temps. Un jardin d’enfants dont les trotskistes et maoïstes d’hier encouragent les jeunes étudiants à parler un babil spontané et ne s’inquiètent surtout pas de leur soumission à la double-pensée. 
Ainsi à la première Nuit Debout, Claude Vautrin – notre Michel Field local -, ancien président de la loge maçonnique d’Epinal et journaliste à Vosges Télévision, s’insurgeait publiquement contre le secret des affaires. (On peut aujourd’hui être un membre actif du Grand Orient de France, organisation infléchissant de nombreuses décisions politiques dans le secret le plus absolu, et parler de transparence à Nuit Debout sans que cela éveille la moindre suspicion dans le public.) Des communistes-consuméristes des trente glorieuses multipliaient les appels à rejoindre les partis politiques traditionnels ou les syndicats – dont il n’est même plus utile de démontrer l’inertie ou le degré de malhonnêteté -, à se battre pour le « pouvoir d’achat » et la survie de l’économie actuelle, oubliant manifestement que plusieurs décennies de progression constante du PIB et du pouvoir d’achat n’ont pas coïncidé avec une amélioration des conditions de vie des Français. Des jeunes gauchistes déjà réactionnaires, semblant sortis d’un livre d’Orwell, rêvaient d’un monde où tous les citoyens seraient égaux, mais où certains le seraient plus que d’autres ; certains réclamaient par exemple l’instauration d’une démocratie directe, à la seule condition que l’extrême-droite ne puisse pas s’en servir librement…
On entend dire que le mouvement Nuit Debout pourrait raviver la flamme de Mai 68. Vain espoir. Pendant les révoltes du quartier latin, une question récurrente résonnait dans les amphithéâtres occupés, à chaque fois qu’un orateur inconnu et nimbé d’un discours vertueux prenait la parole : « D’où tu parles ? » (quels intérêts représentes-tu). Aujourd’hui, on se contente d’agiter les mains comme des marionnettistes, en signe d’approbation béate devant tout et son contraire, sans prendre en considération ce qui précise le plus le fond de la pensée de la personne qui parle : ses actes, son réseau, sa classe sociale.
« Nous ne sommes pas là pour faire de l’animation sociale all inclusive comme le voudrait Laurent Joffrin », disait récemment l’économiste Fréderic Lordon, parlant des tentatives d’infiltration du mouvement Nuit Debout. Sans doute est-ce ce qu’il faudrait rappeler dans les Vosges, avant que le mouvement n’adopte définitivement des moeurs et un langage de ploutocratie miniature, et ne se transforme en grande lessiveuse du système, défendant – au nom de principes vertueux – la stabilité politique, les républiques maçonniques et le droit à faire davantage de lèche-vitrine.
A.R.

Gugnécourt : Jésus Christ renonce à la vie matérielle (vidéo)

Il a disparu d’une grotte, il pouvait tout aussi bien disparaître d’une mairie. Suite à la diffusion de notre vidéo du conseil municipal de Gugnécourt (Vosges) montrant un énorme crucifix dans la salle des délibérations publiques, Jésus s’est fait la malle. Ouf ! Sans la moindre hostilité de notre part à son égard, on préfère ne pas le voir dans les édifices de l’administration !

A.R.

CIQ d’Epinal Ouest : la démocratie locale verrouillée

A la maison Courcy, le CIQ d’Épinal Ouest, privé de vie démocratique depuis de nombreux mois

Créés à la demande de Philippe Séguin, les comités locaux d’intérêt de quartier (CIQ) font partie des rares interfaces entre les citoyens et la municipalité d’Épinal. Ces associations, qui ont d’abord vocation a renforcer le lien social entre les habitants des quartiers, notamment ceux qui connaissent des problèmes sociaux, permettent de faire « remonter » des informations, propositions ou doléances à la mairie concernant la vie des quartiers et la politique de la Ville. Si elles s’avèrent très utiles et revêtent une importance toute particulière pour la démocratie locale, leur caractère stratégique peut également priver tout un quartier de représentation.

Malheureusement, c’est bien ce qui semble se produire aujourd’hui dans l’un des comités citoyens d’Épinal. Depuis que certains membres du CIQ d’Épinal Ouest expriment une forte volonté de changement au sein de l’association, son président rechigne à organiser l’assemblée générale annuelle imposée par ses statuts et s’enferme dans une attitude de dirigeant illégitime.

Petit rappel des faits. Au cours de l’année 2015, des habitants du quartier tentent d’adhérer à l’association. En vain. Leurs cotisations ne sont pas encaissées et aucun récépissé d’adhésion ne leur est remis, malgré leurs nombreuses réclamations. Ces membres fantômes se trouvent donc, selon les statuts de l’association, dans l’incapacité de rejoindre le conseil d’administration du CIQ et de participer aux votes, notamment à l’élection du président lors des prochaines assemblées générales, ne pouvant justifier les six mois d’adhésion requis pour y prendre part. Ne parvenant pas, après de longs mois d’attente, à trouver une solution avec le président, ces membres du CIQ décident de lui envoyer leur adhésion par voie d’huissier, le 29 Septembre. D’où s’ensuit la publication d’un étonnant article du journal du Crédit Mutuel, le 9 Octobre, annonçant le report sine die de l’assemblée générale, le président prétendant avoir « subi des pressions » et avoir été « victime d’un acte de malveillance ».
Contacté la semaine dernière par l’Odeur du Sapin, le président nous explique avec la plus grande franchise ce report d’assemblée générale : « On a tenté de calmer le jeu, de faire en sorte qu’il n’y ait pas trop d’initiatives, pour que ça ne donne pas lieu à trop de prises de positions contre ce qu’on voulait »… Lorsqu’on lui demande par ailleurs s’il s’abstient bien de procéder à l’encaissement des chèques des membres et à la délivrance d’un justificatif d’adhésion, il confirme la version des membres fantômes : « Je fais de l’associatif depuis l’âge de 40 ans. J’en ai 75. Je ne suis pas quelqu’un de droit dans ses bottes, à cheval sur quelques principes de cinq euros [montant de l’adhésion au CIQ] ».
L’obligation de réunir une AG annuellement et d’organiser un vote n’étant toujours pas respectée, le président évoque l’emploi du temps chargé de notre cumulard d’envergure nationale pour justifier cette interruption de la vie démocratique du CIQ : « Il y a un troisième larron dans notre association, qui est la Ville d’Epinal. Là, il y a eu report d’AG. M. Heinrich est un adepte de l’existence des CIQ ; en revanche, en tant que député et maire, président de la communauté d’agglomération etc. Monsieur le maire n’a pas beaucoup de temps. Le premier report d’AG, c’est moi qui en suis à l’origine, mais de ce fait il a repoussé l’AG ». De notre côté, on serait bien surpris que M. Heinrich ait une telle maîtrise de l’association et enjoigne ainsi son président à la laisser encore plus longtemps dans une situation irrégulière, d’autant que la présence d’un élu n’est pas indispensable à l’assemblée générale.
Une assemblée générale du CIQ d’Épinal Ouest sera organisée demain à la maison Courcy – malgré l’avis défavorable de son actuel président – par une fraction de ses membres désirant rétablir un fonctionnement démocratique. A suivre.

A.R.

Addendum 27/04/2016 : le président fantoche du CIQ a été révoqué.

Fibers : Guy Vaxelaire publie une « mise au point »

Vestiges de l’entreprise Fibers

L’ancien Président de la Communauté de communes de la Haute moselotte, Guy Vaxelaire, a publié une mise au point sur l’affaire FIBERS. Voir ici.

Nous publions ci dessous la réponse apportée à cette « mise au point » par le comité Vérité et Justice :
Vérité et Justice
(Association en voie de constitution)
Communiqué
La mise au point de Guy Vaxelaire, ancien Président de la communauté de communes de la Haute Moselotte, au sujet de Fibers nous apporte quelques réponses très partielles et des détails à certaines des questions que nous posons. Nous constatons que c’est bien la première fois qu’un élu répond, et nous nous étonnons que cela vienne d’une personne qui n’est plus aux responsabilités depuis deux ans ; alors que les élus actuels de la Com-com se terrent dans une posture de déni et publient des communiqués vengeurs dans lesquels ils tentent de faire porter la responsabilité de leurs échecs aux citoyens qui réclament légitimement des comptes !
Mais ne nous réjouissons pas trop vite. L’essentiel de la mise au point de l’ancien Président reprend des informations déjà connues et sur lesquelles nous avons déjà communiqué et informé.
Quant au paragraphe sur l’hypothèse d’une expropriation, il ne présente aucun intérêt dans la mesure où personne ne l’a dans cette affaire jamais évoquée.
Après ces constatations, il ne reste plus beaucoup de matière utile à la compréhension du dossier dans ce communiqué. Et hormis la publication de délibérations et de documents déjà publiés, le seul élément nouveau est l’étude H3C sur laquelle il est dit que les élus se sont déterminés pour prendre leur décision. Hors seule la table des matières de cette étude est publiée ! Espérons que les élus de la Com-com n’ont pas été à l’époque traités avec cette désinvolture. De plus, cette étude a été réalisée par Monsieur Charbonnier qui était dans cette affaire juge et partie. Il eût été par conséquent très improbable qu’elle ne conclût pas à l’utilité du projet. Est-ce de la naïveté de la part de ces élus, qui pour de telles sommes, auraient dû demander une contre expertise à un cabinet indépendant ?
Enfin, dans la fiche du Conseil général (document joint à la mise au point), on relève cette phrase sibylline : « Structure financière faible et juste équilibrée. Ce constat doit néanmoins être relativisé en raison des liens qui existent entre la société mère et FIBERS »
La société mère dont il est question est un ensemble dans lequel on retrouve pour l’essentiel les sociétés Ventron confection, Ventron production, HBC, Fibers Sarl et Fibers France. Sociétés dont les comptes cumulés font apparaître des résultats largement déficitaires depuis plusieurs années : 2010 : 82 872, 2011 : + 27 843 €, 2012 : 295 176 , 2013 : – 594 130 €. On constate également des frais financiers importants et un niveau d’endettement, rapporté au chiffre d’affaires, notablement élevé.1
 
Ces informations accessibles à qui veut bien les rechercher n’apparaissent nulle part dans les documents produits à l’appui de la prise de décision ! Il est particulièrement curieux quelles soient occultées dans le document du département et qu’aucun élu ne se soit inquiété de les obtenir. C’est pourtant le b.a.-ba dans toute opération de ce genre.
Que reste-t-il de cette « mise au point », sinon un plaidoyer pro domo du Président de l’époque, et la confirmation que les décisions ont été prises à l’unanimité des élus, mais cela on le savait déjà.

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